samedi 28 septembre 2013

LE JOHANNISBERG



JOHANNISBERG, ENTRE RIESLING ET SYLVANER


Le Johannisberg est mentionné en Valais pour la première fois en 1862. Il désigne alors le Riesling. Son nom provient d'ailleurs certainement du Château de Johannisberg en Moselle, le plus vieux domaine de Riesling du monde. Le Blanc du Rhin apparaît à la même époque et correspond au Silvaner.
Mais dès 1928, l'usage courant inverse les données et ces deux blancs échangent leurs identités. Les spécialistes s'en offusquent mais sont contraints de se plier à l'usage. Depuis cette époque en Valais, le nom de Johannisberg s'applique exclusivement au Silvaner (le Rhin).

Le Silvaner est issu d'un ancien croisement naturel entre le Savagnin Blanc (Heida en Valais, Traminer au Tyrol) et un cépage autrichien (Österreischisch Weiss).

Le Johannisberg du Valais est protégé depuis 1966. Des problèmes d'écoulement conduisent les autorités à limiter sa production en 1985: désormais, seuls les raisins de cépage Rhin cultivés en première zone ont droit à l'appellation.

L'ERMITAGE



LA MARSANNE, L'ERMITAGE DU VALAIS


La Marsanne tire son nom du village éponyme près de Montélimar dans la Drôme. Le cépage se cultive dans cette région depuis des siècles, tout comme en Ardèche, en Isère et en Savoie. Il arrive en Valais au milieu du 19ème siècle, entre 1845 et 1870. Un certain colonel Dénériaz en aurait planté la première vigne au bas de Clavoz, à l'est de la ville de Sion. La Marsanne Blanche prend souvent le nom d'Ermitage en Valais, en référence à la prestigieuse appellation de l'Hermitage dans la Drôme (Côtes du Rhône), vignoble connu pour sa Marsanne, notamment.

HEIDA PAÏEN



HEIDA OU PAÏEN, LE VIN JAUNE HAUT-VALAISAN


On pense «Heidi» quand on dit «Heida». Non sans raison. Ce cépage a une histoire et une identité bien enracinées dans les flancs de nos montagnes. Dans une traduction littérale du dialecte haut-valaisan Heida signifie vieux, ancien, en référence aux temps d'avant l'évangélisation, les temps païens (Wolf, 1886), épithète qui se retrouve dans les Heidenhäusern ("vieilles maisons"), ou dans Heido, nom du plus vieux bisse de Visperterminen. Les Valaisans francophones le nomment «Païen» depuis 1812.

Ce cépage n'est autre que le Savagnin Blanc du Jura français, à l'origine du fameux Vin Jaune. Introduit en Valais dès le Moyen-Age, il a pris le caractère du terroir particulier de Visperterminen, village dont les vignes sont perchées sur des terrasses de 650 à 1150 mètres d'altitude.

L'AMIGNE



AMIGNE, PREMIERE MENTION AU 17ème SIECLE


Ancien et rare cépage valaisan, l'Amigne apparaît pour la première fois dans un document en 1686. Il s'agit du "Livre pour le travail des vignes" du banneret de Riedmatten. Elle figure dans des comptes de vendanges, en compagnie de l'Arvine, de l'Humagne, de la Rèze, du Gouais et du Muscat. Ce document exceptionnel rapporte que le 18 septembre 1686 «un ½ charet d'amigne et 2 boos de regis» (Rèze) ont été vendangés entre Granges et Noës. Ainsi, la première mention de l'Amigne se situe entre Sion et Sierre. Pourtant, c'est à Vétroz que ce cépage s'épanouit presque exclusivement aujourd'hui.

Dans ce livre du 17ème siècle, on apprend aussi que le cépage le plus abondamment vendangé est l'Humagne, suivi du Muscat et du Gouais Blanc. L'Arvine et l'Amigne, peu représentées, font déjà figure de cépages rares.

LA MALVOISIE



MALVOISIE, PINOT GRIS: UNE ORIGINE TOUT EN DOUCEUR


La Malvoisie tire son nom de «Malvasia», un groupe de cépages italiens qui donnent des vins doux. En effet, ce terme est utilisé pour la Malvasia Bianca du Piémont comme pour la Malvasia di Candia de Madère, qui n'ont strictement aucun lien. De même, le nom de Malvoisie a été donné à tort à plusieurs cépages très différents, tous aptes à donner des vins doux: Pinot gris en Valais, au Val d'Aoste et dans le Val de Loire, Vermentino en Corse, Savagnin Blanc au Tyrol, etc.


Le pinot gris est une mutation naturelle du pinot noir. On a parfois observé  des ceps qui portent à la fois des raisins noirs et des raisins gris, voir même des raisins blancs puisque ce cépage peut aussi donner naissance au pinot blanc.

Ce cépage est particulièrement répandu dans les vignobles septentrionaux et en Europe centrale. En France, il est en progression constante, particulièrement en Alsace et dans la Loire. Il est aussi très présent en Allemagne (Pays de Bade), en Italie, en Roumanie... En Valais, il est en légère progression, ayant passé en dix ans de 50 à 58 hectares.  Là, le pinot gris est connu sous l'appellation Malvoisie. Ce nom - ou ses dérivés - sont très courants dans les vignobles du monde entier, mais la Malvoisie valaisanne n'a rien à voir avec les vins nés des cépages malvasia ou malvoisie qu'on trouve en Italie, en Grèce, au Portugal ou ailleurs.

Le cépage pinot gris ne se distingue du pinot noir que par la couleur de ses baies. La grappe est donc petite à moyenne, compacte, avec de petites baies dont la couleur varie du rose grisâtre au bleu grisâtre. Comme tous les membres de sa famille, ce pinot est précoce et manifeste une sensibilité au gel et à la pourriture, en fin de maturation.

Lorsqu'il est vendangé à maturité optimale et vinifié sec, les Valaisans le nomment souvent Pinot gris, l'appellation Malvoisie qualifiant le plus souvent un vin doux, voire liquoreux. Sec, le pinot gris donne un vin racé, noble mais assez neutre. Surmaturé, on peut en tirer un cru ample, riche, gras, complexe, marqué par des arômes de coing, d'abricots confits, de miel, de caramel ou de nougat.

LES CABERNETS



LES CABERNETS, UN AIR DE BORDEAUX AU COEUR DES ALPES


Ils ont fait la renommée des vins de Bordeaux et contribuent aujourd'hui à l'élaboration de certains assemblages valaisans. Le Cabernet Sauvignon et le Cabernet Franc sont d'ailleurs mentionnés pour la première fois en Valais sous le nom générique de Bordeaux en 1862. Dans le canton de Vaud, ces plants sont introduits dès 1837 à partir de la Savoie, ou directement de la ville de Bordeaux. Ils ont vraisemblablement débarqué en terre valaisanne par la suite.

LE CORNALIN



CORNALIN, LE CEPAGE RETROUVE


L'ancien Rouge du pays est le premier vin coloré du Valais. Boisson paysanne aux vertus médicales, il faillit disparaître avec l'arrivée des cépages modernes.

Sa première mention écrite remonte à 1313. Jusqu'au début du 20ème siècle, il est très présent dans tout le Valais. Il est alors réputé pour ses vertus reconstituantes. Vin du quotidien, il n'en est pas moins exigeant. Il ne supporte que l'antique taille à la valaisanne, et on lui reproche de ne donner qu'une année sur deux. Mais ce cépage se contente des sols les plus maigres, affronte les plus fortes gelées d'hiver et dure près d'un siècle en terre. Au début du 20ème siècle, la menace du phylloxéra et la reconstitution imposée du vignoble se fait au bénéfice des nouveaux cépages, plus faciles à travailler et plus productifs. C'est ainsi que le Rouge disparaît petit à petit du paysage viticole valaisan. Il n'en reste que quelques ceps dans les années 1970, lorsque l''ingénieur agronome Jean Nicollier décide de le réhabiliter et de le rebaptiser «Cornalin».

Oublié puis retrouvé, l'ancien Rouge valaisan entre dans le club des spécialités du canton dès les années 1990. Il s'intègre tout naturellement au programme Sélection Valais, une appellation cantonale pour la sauvegarde du patrimoine génétique viticole. Le Cornalin est aujourd'hui la locomotive des vins valaisans, au même titre que la Petite Arvine.